Brûlé étant bébé puis formé au HAC, il lance un podcast pour « motiver les gens »

Mohamed Bachir, 39 ans, est originaire du Havre. Après un grave accident lorsqu’il était enfant, il est passé par le centre de formation du HAC avant de lancer son podcast.

« Même si on se met souvent des barrières, il n’y a rien d’impossible ». C’est ce leitmotiv qui revient très souvent dans la bouche de Mohamed Bachir pour décrire ce qui le motive. Aujourd’hui à la tête de l’entreprise Impossible n’est P-Havrais qui mixe coaching, formation et podcast, ce natif du Havre revient de loin.

D’une enfance passée dans les couloirs de l’hôpital à la suite d’une grave brulure, au centre de formation du HAC , puis par l’obtention d’un master de droit avant de monter son podcast, il semble avoir eu 1000 vies. Et il les raconte à 76actu.

De l’huile bouillante sur la tête

Son histoire, il l’a racontée des centaines de fois. « Parce que c’est grâce à elle que je suis qui je suis aujourd’hui ». À l’âge de 18 mois, ses parents rentrent en Algérie pour voir la famille. Dans la maison, le jeune Mohamed grimpe sur une armoire et fait tomber de l’huile bouillante sur sa tête. Le drame.

Toute la famille rentre précipitamment en France, où Mohamed se fait opérer à l’hôpital du Havre. S’en suivra un parcours du combattant pendant 10 ans :

Tous les étés, j’étais opéré, greffé au niveau du visage. Quand on est jeunes, il faut opérer régulièrement, la peau est plus souple.

Mohamed Bachir

Arrivé à l’école maternelle, il doit porter une prothèse mais un jour, celle-ci éclate à l’école. Il faut de nouveau opérer en urgences.

Étrangement, cet habitant du quartier des Neiges ne retient pas de négatif de cette partie de son vécu grâce à sa famille qu’il la soutenu dans cette période difficile même « si quand je revois les photos de moi à l’époque, c’était fou ».

De cette période, il ne restera que des cicatrices sur sa tête.

À la découverte du foot

C’est à l’âge de 7-8 ans qu’il commence à toucher du ballon. D’abord au club des Neiges, avant d’être repéré par le HAC à 11 ans.

Il entame les entrainements au centre de formation, après les cours au collège et au HAC. « On venait me chercher avec la camion du club en bas de chez moi, c’était la folie dans le quartier ! » se remémore-t-il « le Hac ça reste une référence, faire partie de cette équipe c’était un privilège pour moi ».

A 17 ans, il signe à Gueugnon (Bourgogne). Mais il commence à enchaîner, au fil des ans, les blessures. Le contrat s’achève.

La blessure de trop

Retour en club amateur, précisément à Noisy-le-Sec (en Nationale 2). « Ça m’a fait du bien » souffle-t-il. Il y côtoie notamment Nasser Sandjak et Jamel Sandjak [coach de l’équipe à l’époque et actuel président de la Ligue de football de Paris, Ndlr].

Après un certain temps, il s’envole pour jouer en Tunisie mais une nouvelle blessure aux ligaments croisés le contraint à revoir ses plans.

Retour au Hac, où il intègre la réserve, Mais…

Je sens que j’ai du mal. Les blessures ne m’ont pas aidé. J’avais du mal à retrouver le niveau. Je décide alors d’arrêter définitivement.

Mohamed Bachir

Il avait 23 ans.

Retour sur les bancs de l’école

Reste alors la question de la suite : que faire ? « C’est très dur car on n’est pas préparé à l’après-carrière » admet-il en prenant l’exemple de la carte vitale… qu’il ne savait pas comment obtenir. Avec aucun diplôme en poche, c’était brutal.

Il enchaîne alors les petits boulots : « j’ai balayé les rues du Havre, j’ai travaillé dans les cantines », énumère le Havrais qui, au bout d’un certain temps, passe le DESJEPS (pour devenir directeur sportif dans une association, entraineur dans une discipline sportive).

Il travaille alors dans diverses collectivités, des associations… Il est notamment le directeur sportif de l’équipe de Bolbec.

Mais il souhaite voir plus loin en se laissant tenter par le droit. À coup de culot, il parvient à intégrer la Fac de Dijon pour passer son master de droit… qu’il obtient.

Lancement du podcast

Depuis quelques années, l’idée de développer une société germait. Mais c’est seulement il y a un an qu’il a monté « Impossible n’est P-Havrais« . On y trouve des formations, du coaching et donc le podcast eponyme.

Il y interroge des personnalités sportives comme Franck Thivillier (Directeur technique national adjoint de la Fédération Française de Football), Sally Sarr (ancien joueur du Hac), Florent Sinama-Pongolle (footballeur international).

Mais pas que. « Je réalise des interviews de personnes au parcours inspirant avec beaucoup de valeurs ». La personne qu’il souhaiterait recevoir dans son podcast ? Édouard Philippe.

« Chacun peut apporter quelque chose »

Ces histoires de vie ont pour but de se connecter les unes entre elles. « Il y a forcément une histoire qui va nous ressembler. Chaque personne peut apporter quelque chose » argumente Mohamed.

Quant à son histoire personnelle, il assure qu’elle l’a rendue plus fort. « Ma vie aurait été différente sans mon accident, je n’aurais sans doute pas la même vision des choses ».

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