Forêt monumentale, édition 2 : les artistes en repérage sur le parcours, près de Rouen

Les candidats présélectionnés pour la deuxième édition de Forêt monumentale ont arpenté le nouveau parcours les 22 et 26 mai 2023. Avant une dernière phase de sélection.

Les choses se précisent pour la deuxième édition de Forêt monumentale. Pour préparer ce parcours artistique et ludique installé en forêt, une vingtaine de candidats, présélectionnés parmi 330 candidatures, ont été invités à effectuer des repérages sur le nouveau tracé localisé en forêt domaniale de Roumare à Canteleu (Seine-Maritime).

Répartis en deux groupes, les candidats ont été guidés sur environ 4km par Cristina Algarra, la commissaire d’exposition, et Christelle Simon, en charge des forêts à la Métropole, lors de deux balades lundi 22 et vendredi 26 mai 2023. Ils ont pu découvrir les 24 sites pressentis pour accueillir les œuvres et installations de cette exposition éphémère.

Se confronter aux contraintes

Le départ est fixé sur un petit parking à la sortie d’un rond-point à l’angle de la D94 et de la route de la Vaupalière. C’est là que se trouve l’entrée du parcours, dont le cheminement emprunte d’abord une route goudronnée avant d’effectuer une boucle sur une piste à travers les bois.

Dans la dizaine de candidats présents lundi, on trouve aussi bien des artistes, que des designers, des architectes ou des scénographes. « Les profils sont très variés, souligne Cristina Algarra. C’était une volonté dès le départ de donner la parole à tout le monde, avec plus ou moins d’expérience. » À condition d’être capable de mettre sur pied une installation pouvant résister durant les deux ans prévus.

« Même si on s’était prononcé, venir ici fait évoluer notre regard, notamment sur les contraintes d’accès pour réaliser l’installation », confirme Idris Jani, membre d’un collectif composé de Parisiens et Nantais souhaitant installer une sorte de petit pavillon baptisé « Terre de refuge ».

Respect de l’environnement

Christelle Simon mène les candidats devant des arbres remarquables, des trouées dans la végétation, des mares, des petites clairières, un endroit où les enfants construisent des cabanes, etc. Elle rappelle ce qui peut être utilisé sur chaque site, avec deux objectifs en ligne de mire : le respect de l’environnement, des végétaux, de la vie sauvage et leur mise en valeur.

L’utilisation de matériaux biosourcés ou puisés directement sur le site, façon Landart, devrait être plus importante pour cette édition. Certaines œuvres feront par ailleurs directement écho au contexte de crise écologique. L’artiste belge Lucie Perciller par exemple, cherche à placer une œuvre en tissu sur la cime d’un hêtre, essence menacée dans nos forêts par le dérèglement climatique.

Un arbre repéré sur le chemin, « pas très en forme » et qui « pourrait être coupé », d’après Christelle Simon, pourrait bien faire l’affaire. « J’ai de la chance, parce que j’ai une idée bien précise et que tout le monde a l’air de plutôt se battre pour les espaces ouverts », se réjouit de son côté l’artiste.

Pour Cristina Algarra, commissaire artistique de l'exposition,
Pour Cristina Algarra, commissaire artistique de l’exposition, « mettre la création dans le domaine public est une façon d’aller chercher des gens qui ne poussent pas forcément la porte des institutions ». (©MN/76actu)

Treize œuvres en tout

Si tout le monde jette son dévolu sur un même site, ce sera à nouveau à un jury de trancher en novembre. Neuf candidats seront retenus sur les vingt présents cette semaine après une nouvelle salve de propositions, qui devront être rendues d’ici octobre 2023.

« À cela s’ajoutera une dixième œuvre en collaboration avec Landscape festival en République tchèque dans le cadre de capitale européenne de la culture, annonce Cristina Algarra. Une onzième sera réalisée avec du lin produit en Normandie. Une douzième sera didactique, parce qu’on fera travailler un artiste avec des étudiants. Il y aura enfin une treizième œuvre pérenne, qui restera un peu plus longtemps. »

Après une nouvelle salve de propositions, seuls 9 candidats sur les 20 présélectionnés pourront réaliser une œuvre.
Après une nouvelle salve de propositions, seuls 9 candidats sur les 20 présélectionnés pourront réaliser une œuvre. (©MN/76actu)

La fabrique du projet se fera entre novembre 2023 et mai 2024 avec inauguration prévue pour juin 2024. « L’ensemble des propositions des 20 candidats, même ceux qui n’ont pas été retenus, seront exposées à la maison de l’Architecture entre juin et septembre 2024. Cela permettra à tous d’en apprendre plus sur leur démarche. »

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